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À Sète, Bastien et Rabia peuvent compter sur le collectif Sèt’ensemble

Bastien, 33 ans, père de trois enfants et au chômage. Rabia, 65 ans, dit lever le pied après un accident du travail. Tous deux bénéficient des paniers solidaires distribués par le collectif Sèt’ensemble.

Bastien Roussignol, 33 ans, est éducateur sportif de profession. Comme beaucoup de personnes, la crise sanitaire ne lui permet pas de continuer à exercer sa profession.
“Avec le Covid, tous les entraînements ont été arrêtés”, regrette-t-il. Après une séparation difficile, il se retrouve seul avec ses trois enfants dont la plus petite a 1 an et demi. Bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, il est en attente de l’allocation familiale pour ses enfants.
“Je viens de trouver un logement pour moi et mes enfants. J’ai 900 euros d’allocation et une fois que j’ai payé les 600 euros de loyer, il ne reste pas grand-chose”, observe-t-il.
Alors, ce Sétois “pure souche” vient chercher un panier solidaire distribué par le collectif Set’ensemble à l’Open Space. “Je les ai connus grâce à une amie”, précise-t-il. Bastien se dit très inquiet “pour l’avenir des enfants”. 
“La plus petite ne va pas encore à la crèche et pour les deux plus grands, qui ont 7 ans et 5 ans, je n’ai pas les moyens de les mettre à la cantine”, explique-t-il. “Je suis censé reprendre au mois de décembre mais je ne sais pas si ça va être possible”.
Si sa situation ne s’arrange pas, Bastien envisage une reconversion professionnelle. “Je ne sais pas encore dans quoi car mon métier me passionne”, livre le trentenaire.

Convivialité

Bastien se retourne. Pendant que nous discutons, les deux grands jouent avec un ballon de baudruche dans l’Open Space, avec la complicité des membres du collectif.
“Il y a une super ambiance ici, c’est familial, tout le monde est très gentil”. En plus d’un panier garni, ce père au foyer vient chercher une bouffée d’air, un moment de convivialité durant lequel les soucis s’éloignent.
C’est aussi ce qu’apprécie Rabia Varesano, une autre bénéficiaire des paniers solidaires. Sétoise d’adoption depuis 21 ans, elle connaît les membres du collectif Sèt’ensemble depuis le premier confinement, moment où les Paniers Solidaires ont été lancés.
Agent d’entretien de profession, elle a été victime d’un accident du travail au cours duquel elle s’est blessée à la cheville et attend le versement de ses indemnités. Ce qui la met dans une situation compliquée sur le plan financier.
“Le CCAS (Centre communal d’action social, Ndlr) m’a conseillé de prendre ma retraite mais je ne veux pas, pour moi c’est comme si on me condamnait à mort”, martèle-t-elle.
À 65 ans, Rabia veut encore travailler et se sentir active. “Je suis fière de mon travail”, revendique-t-elle avec un regard lumineux.  Avant sa chute sur son lieu de travail, Rabia était déjà dans une situation assez précaire.
“Je travaillais à Monoprix et dans des banques mais ce n’était pas régulier”, relate-t-elle. En plus des paniers solidaires, elle s’est “inscrite aux Restos du Cœur”.
Rabia a découvert les Paniers Solidaires lors du premier confinement. “J’ai demandé par hasard de quoi il s’agissait et ils m’ont dit “s’il reste quelque chose on vous appelle pour venir le chercher”.
Le Collectif Sèt’ensemble a gardé les coordonnées de Rabia et l’a recontactée au début du deuxième confinement. “Un panier me permet de tenir quinze jours”, explique-t-elle. Avant de poser ses valises à Sète, Rabia est née et a vécu au Maroc.
“Je travaillais dans un laboratoire de fabrication de produits cosmétiques, puis j’ai rejoint mon mari en France et je n’ai pas pu retrouver un travail similaire”. Et pour ne rien arranger, “ma propriétaire veut vendre et je dois quitter mon logement, je ne dors pas la nuit, j’ai peur de ne pas retrouver de logement”, confie-t-elle.

Julie Juillaguet

Article paru dans le Midi Libre du 27 novembre 2020

Pour rappel, les Paniers Solidaires proposent des paniers de solidarité que les adhérents peuvent ajouter d’un simple clic à leur commande. Composés de fruits, légumes, œufs, sucre, farine et légumineuses, ces paniers sont destinés à des personnes isolées ou des familles dans le besoin.